Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 19:22

Chez Simone Veil à Paris

L’actualité et le souvenir viennent de se conjuguer. Le décès récent de Madame Simone Veil et le bulletin municipal de Mars 1996 dont j'avais besoin pour un travail.

Le 12 janvier 1996, deux lycéennes de Pagny étaient à Paris chez Madame Simone Veil, ancienne déportée du camp d’Auschwitz, afin de compléter un travail sur la Mémoire et la Déportation. Il s’agissait de Marie Socha, une de mes filles, et de Céline Puget, aujourd’hui conseillère municipale.

Cette action contre l’oubli avait commencé en 1993 avec un voyage à Auschwitz Birkenau auquel avaient participé neuf enfants de Pagny (dont Céline et Marie) scolarisés à l’époque au collège de Vaucouleurs et que notre municipalité avait largement subventionné. Avec une troisième jeune fille, Julie Vigneron d’Ourches, accompagnées de leur professeur d’Histoire et d’un correspondant du journal L’Abeille, elles avaient été reçues pour une interview et le témoignage filmé de Mme Veil, rescapée de ce camp de déportation.

Au-delà de sa stature médiatique et de l’objet de cette rencontre, elles avaient trouvé que Madame Veil était une personne simple et charmante, qui avait su se rendre disponible. Elles lui avaient parlé de notre village et lui avait offert une assiette de Pagny avec son blason et sa devise.

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article
1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 11:17

 

C’est la première fois que nous commémorons la journée de la déportation. Pourtant, deux des enfants de Pagny sont morts en déportation. Je connais leurs noms depuis bien des années, retrouvés au fil de mes pérégrinations sur internet à la recherche de documents et de renseignements sur Pagny. Oubliés depuis des dizaines d’années, il ne fallait pas qu’ils passent à la trappe du temps qui court.

 

J’ai fait graver leurs noms sur une plaque maintenant apposée à notre monument aux Morts.

 

Oubliés depuis longtemps, disais-je. Pas tout à fait, parce que dans notre population, certains se souviennent encore et pour cause. Un père déporté, un frère déporté, un cousin déporté. Cela ne s’oublie pas, même si cela s’est passé il y a plus de 70 ans. Ils étaient bien jeunes à l’époque. Ils n’ont pas bien compris ce qui se passait. Ils ont tous une histoire à la fois semblable et différente. Leur jeunesse a été imprégnée par cette tragédie. Ils sont aujourd’hui associés à cette commémoration même s’ils ne sont pas forcément liés à nos deux déportés. Ils sont parmi nous, témoins d’un autre temps.

 

Permettez-moi de vous rapporter les quelques éléments en ma possession.

 

Nos deux déportés s’appelaient Priouret Albert et Jacob Gilbert.

 

Albert Priouret est né à Pagny le 17 août 1898.

Policier à Toul, arrêté à Trondes lors des rafles de la mi-août 1944 en représailles des attaques du maquis de Trondes, interné à la prison Charles III de Nancy, emmené le 19 août 1944 à Natzweiler Struthof Matricule 23 050, évacué vers lecamp de concentration de Dachau, le 4 septembre 1944,puis tranféré vers le camp de concentration de Mauthausen, le 14 septembre 1944, où 46 déportés de ce transport sont immatriculés dans la série des « 97000 » et des « 98000 ». C’est le cas d’Albert Priouret Matricule 98930. Il a été intégré tout de suite dans le Kommando de Melk en Autriche où il décède le 2 janvier 1945. La mortalité a été très importante puisque sur les 46 déportés de Dachau à Mauthausen, 35 meurent, dont 26 à Melk.

 

La reconnaissance de la Nation est venue par le JO du 18 avril 1998 lui attribuant la mention « Mort en déportation ».

 

M. Priouret habitait rue du faubourg, sa maison a été détruite à la guerre tout au début de la rue.

 

 

M. JACOB Gilbert est né le 23 septembre 1920 à Pagny sur Meuse. Je sais peu de choses sur les circonstances de son arrestation et sa déportation.

Il a fait partie du convoi du 25 juin 1943 au départ de Compiègne à destination de Buchenwald en Allemagne où il est enregistré sous le matricule: 14 725.

Premier convoi parti de Compiègne pour le camp de concentration de Buchenwald, il rassemblait  999 hommes arrêtés et internés pour des motifs différents. Refus du service obligatoire du travail, activités anti-allemandes, tentatives de passage de la frontière espagnole constituent autant de raisons pour être appréhendé par les autorités allemandes et françaises.

 

Il est décédé le 24 mars 1944 dans le camp de DORA, camp de concentration (et non d’extermination) dépendant de Buchenwald et destiné à la construction des fusées A4 puis des missiles V2.

 

Il apparait au JO du 16 juillet 1994 avec la mention « Mort en déportation ».

 

 

La déportation fut une implacable machine à déshumaniser, à exterminer hommes, femmes et enfants au nom d’une idéologie. Avec la collaboration du gouvernement de Vichy et de l’État français, plus de 140 000 personnes ont été déportées : parmi elles la moitié environ était des juifs. Seulement 3% d’entre eux ont survécu. L’autre moitié était tsiganes, homosexuels, communistes, résistants, opposants. Au total, ce sont plus de 100 000 déportés français qui ne revinrent pas. Quand on évoque le bilan de la déportation en chiffres, on oublie, parfois, l’essentiel : ce sont des individus, des pères, des amis, des voisins, des collègues, qui ont été stigmatisés, déportés, affamés, torturés, assassinés.

 

« Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’une grand nombre parmi cette masse d’hommes soumise aux tortures de la faim, du froid et de la vermine, … » Cette phrase n’est pas de moi. C’est un extrait de l’exposé des motifs de la loi n°54-415 du 14 avril 1954, consacrant le dernier dimanche d'avril au souvenir des victimes de la déportation et morts dans les camps de concentration et qui a été votée à l’unanimité par le Parlement.

 

Nos deux déportés n’ont pas été oubliés. Cette cérémonie leur est dédiée ainsi qu’à ceux qui ont approché cette période noire.

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans cérémonie Histoire
commenter cet article
6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 14:03

 

La Nuit du 4 août 1789 est la date symbole de l'abolition des privilèges. Le Tiers État (le peuple) faisait alors face à la Noblesse et au Clergé. Plus de deux siècles plus tard, qu'y a t-il de changé ? Il y a toujours des privilégiés même s'il ne sont pas de même nature que jadis. En revanche le peuple est toujours là à en pâtir.

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire divers
commenter cet article
3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 17:05

 

Le journal officiel de la République Française, n° 230, du lundi 3 et mardi 4 octobre 1977, NC 6395, fait mention de la création d'une association à Pagny :

 

 

55 Meuse

22 septembre 1977. Déclaration à la sous-préfecture de Commercy. Comité des fêtes. Objet : organiser des fêtes diverses au cours de l'année au profit du bureau d'aide sociale de la commune de Pagny-sur-Meuse. Siège social : Pagny sur Meuse.

 

En écriture manuscrite : M. Paul et M. Grandmontagne, les premiers responsables.

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article
3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 16:38

En consultant la correspondance communale, j'ai peut-être trouvé de manière indirecte le jour de la libération de Pagny en 1944. Un cafetier avait demandé au préfet l'autorisation d'un bal pour l'anniversaire de cet événement. Le jour indiqué n'étant pas un samedi ou un dimanche comme pour un bal ordinaire, on peut supposer que cela correspond bien au jour anniversaire de la libération.

 

Depuis une trentaine d'années que je cherche, personne n'a été en mesure de me donner une date. Je ne donne pas le jour indiqué par cette correspondance, espérant pouvoir recouper cette probabilité avec d'autres sources.

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article
24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 11:05

Quelques bons conseils donnés en ... 1834, concernant le fumier que l'on ne voit plus aujourd'hui dans nos rues. Problème de l'époque. Tiré de l'almanach de la Meuse de 1834.

De l'emplacement du fumier
Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article
15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 17:35

C'était en 1939. Des tas de petites fiches sur lesquelles étaient écrites des listes de personnes recherchées, françaises ou non, ou correspondant à une personne bien précise ou à un évènement particulier.

Voici une liste de communiste recherché en 1939.

Voici une liste de communiste recherché en 1939.

Voilà la fiche correspondant à André Marty.

Voilà la fiche correspondant à André Marty.

Avec Maurice Thorez, Jacques Duclos, Benoît Frachon et Maurice Tréand, André Marty fait partie des hommes mis en place vers 1931 à la tête du PCF par Eugen Fried, l'homme de Moscou qui dirige secrètement depuis Bruxelles le Komintern pour toute l'Europe de l'Ouest. Il se trouve à Moscou lors de l'annonce de la signature du pacte germano-soviétique, et de la déclaration de guerre, en septembre 1939. Il y est rejoint par Maurice Thorez, avec qui il n'a jamais eu de bons rapports.

 

De retour de Moscou, toute la presse communiste ayant été interdite par le Gouvernement Daladier, il publie le 4 octobre 1939 dans l'hebdomadaire Monde, édité à Bruxelles pour remplacer la Correspondance internationale, une Lettre à Léon Blum qui lui vaut d'être condamné par défaut à quatre ans de travaux forcés et à la déchéance de la nationalité française.

 

Il travaille pour le Komintern jusqu'à la dissolution de celui-ci, en mai 1943. En octobre 1943, il arrive à Alger pour représenter le PCF auprès du gouvernement provisoire de De Gaulle et siéger à l'Assemblée consultative.

 

Source : Wikipédia

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article
2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 11:53
Nuremberg 4 : Dix fois la trappe s'ouvrit

 

La prison de Nuremberg joue de malheur.

 

Les commentaires allaient leur train. Où se lamenter sur la mort prématurée du bras droit de Hitler, le temps passait.

 

 

A une heure du matin, un officier de sécurité nous conduisit par le même couloir que nous venions d’emprunter deux heures avant, sur les lieux où les criminels nazis allaient être exécutés.

 

 

Des M.P., coiffés du casque d’airain de cérémonies et gantés de blanc, formaient la haie : dans quelques instants, les condamnés à mort allaient fouler ces mêmes cailloux qui crissaient sous nos pieds.

 

 

Le lieu de la pendaison, une salle de gymnastique éclairée par douze grosses ampoules, 33 pas de long, 18 de large. Tel est l’espace contenant les trois potences, les deux bourreaux, la trentaine de témoins -tout à l’heure- les dix cadavres.

 

 

Les murs blancs, les fenêtres bouchées par du papier noir, des tables pour les journalistes, des chaises, tout cela eut été terriblement banal s’il n’y avait pas eu les trois échafauds noirs, silhouettes tracées avec des poutres, des voiles et des cordes. Deux des potences seulement ont servi ; la troisième était en réserve.

 

 

Un agencement « modèle »

 

 

Cet agencement fut sans doute le chef-d’œuvre de l’organisation américaine. Songez que deux personnes seulement en connaissaient l’existence douze heures avant le verdict ; une centaine environ ont connu l’emplacement à l’heure même du châtiment. Les trois furent montées en 48 heures par des spécialistes venus de loin. Donc, dans cette salle que l’on aurait pu utiliser, en d’autres temps, pour une distribution de prix aux élèves d’un collège, dix des grands criminels nazis allaient mourir à quatre pas de nous.

 

 

A notre droite, se trouvaient déjà, lorsque nous sommes entrés les quatre généraux, l’américain, l’anglais, le russe et le français, leurs interprètes, les médecins et les officiers du service de sécurité.

 

 

Au pied des potences

 

 

Au pied des marches qui mène aux potences, l’aumônier de la prison, un franciscain dont le visage pur de saint se crispera tout à l’heure, le pasteur et des soldats de garde.

 

 

En haut, les deux bourreaux en tenue de soldats américains, s’affairent autour.

 

 

Près de la porte, encore des gardes, commandés par un officier. En tout une quarantaine de témoins auxquels se sont joints deux allemands : le président du Gouvernement bavarois et ministre de la justice William Hoegner, et le procureur général au tribunal de Nuremberg, le docteur Leistner.

 

 

Nous prenons place face aux potences et le film de tragique commence à se dérouler.

 

 

A 1h10, un léger glissement. Le bruit d’une porte qui s’ouvre. Elle s’ouvre, cette porte, si naturellement que je m’attends avoir paraître un retardataire. Or, c’est Ribbentrop qui, le premier ouvre le défilé macabre. On défait ses menottes et on lui lie aussitôt les mains avec la cordelette noire qui nous intriguait tout à l’heure. Yeux clos, le visage émacié, c’est déjà un cadavre qui s’avance d’un pas d’automate. De sa poche, dépasse des enveloppes que je regarde fixement et une idée me torture dans ce silence crispant : que peut-il bien avoir voulu emporter avec lui dans la tombe ?

Mais déjà l’officier de garde, selon le rite, lui demande de décliner son nom : « Joachim von Ribbentrop », répondit-il, et il s’écrit en montant les 13 marches, soutenu par deux soldats « que Dieu sauve l’Allemagne ! »

 

 

Un bruit sourd

 

 

Le voici sur la plate-forme, sur la trappe qui va s’ouvrir dans quelques instants :

« Puis-je ajouter encore quelque chose ? » interroge-t-il.

« Yes » - « Mon dernier vœux, c’est que se réalise l’unité de l’Allemagne et l’union entre l’Est et l’Ouest de l’Europe et que la paix règne sur le Monde. ».

 

 

Le bourreau lui passe le capuchon noir sur la tête, lui glisse le nœud autour du cou, tire le levier et, avec un bruit sourd — un bruit qui bourdonne encore à mes oreilles à l'heure où j'écris ces lignes — le corps de l’ex-ministre des Affaires Etrangères du Reich tombe dans le vide, derrière un voile qui nous cache ses derniers soubresauts. II est 1 h 15, toute la procédure et l'exécution n'ont duré que trois minutes et demie. De longues, de très longues minutes.

 

 

Voici Keitel

 

 

La corde oscille encore et déjà Keitel calme et résolu apparaît dans l'encadrement de la porte. Lui, il a le regard fixé sur la corde qui l'attend sur l'autre potence.

 

« Avez-vous quelque chose à dire, avant votre mort ?»

 

« J'appelle la protection de Dieu sur le peuple allemand. Plus de deux millions de soldats sont morts avant moi pour leur patrie. Je rejoins maintenant mes fils. Tout pour l'Allemagne ! »

Avant de mourir, il se penche vers le prêtre : « Je vous remercie, mon Père ».

 

Keitel est mort courageusement.

 

 

Maintenant, ce sont les deux cordes qui ont contracté ce mouvement de balancier, les médecins sont appelés à constater le décès. A 1 h 35, on emporte, sur les civières, les deux corps qui sont provisoirement déposés derrière un rideau, à l'autre bout de la salle. Le bourreau, d’un coup sec, coupe les cordes, en accroche de nouvelles.

 

 

Je m'excuse de ces détails macabres, nous étions là pour cela.

 

 

Pendant le va-et-vient des civières, nous respirons nerveusement une bouffée de cigarette; nos nerfs ont besoin d'une détente.

 

 

Le tortionnaire des camps

 

 

Mais, de nouveau, la porte s'ouvre. Nous nous dressons et voici le tortionnaire Kaltennbrunner.

 

 

Il est blanc. Non, verdâtre. Les balafres d'étudiant de son visage sont autant de traînées sanguinolentes. Pourtant, sa face est ferme quand il déclare :

« J'ai aimé mon peuple et mon pays. J'ai fait mon devoir vis-à-vis de ma patrie, dans les heures difficiles. Je n'ai pas participé aux crimes que l'on me reproche ».

 

 

Le Père franciscain dit la prière des mourants. Il est 1 h 39. Les martyrs des camps de concentration sont vengés.

 

 

La voix blanche de Rosenberg

 

 

Rosenberg, pâle, mais impassible, décline son nom d'une voix blanche.

 

 

Et toujours le même rite. L'interprète demande : « Avez-vous une dernière déclaration à faire ?»

« Non » répond le théoricien du parti nazi.

 

 

Il ne jeta pas un regard sur le prêtre qui priait à ses côtés. Frank a une grimace, que l'on pourrait prendre pour un sourire sarcastique, et qui n'est que la contraction des muscles qui se rebellent devant la mort. Une voix, que l’on entend à peine, prononce ces mots :

« Je vous remercie pour vos bons soins pendant ma captivité et je prie Dieu de me prendre sous sa sainte garde. » Puis il murmure une prière avec le prêtre.

 

 

Et le défilé continue

 

 

Vêtu d'un veston à carreaux et de son pantalon brun que nous avons vu sur lui durant tout le procès, Frick s'écrie en gravissant les marches, d'une voix retentissante : « Que vive l'éternelle Allemagne ! »

 

 

Streicher refuse de dire son nom

 

 

Streicher eut la fin qu'il méritait. Dès son entrée, il proféra des phrases sans suite, d'une voix qui alla crescendo : « Heil Hitler ! »

L'officier lui demanda de décliner son nom : « Vous le savez » cria-t-il. A la troisième demande : «Bon, dit-il. Julius Streicher. Et maintenant je vais à Dieu. C’est le pourim, la fête juive. 1946 ! Maintenant à Dieu... Les Bolcheviks vous pendront aussi un jour... ».

 

 

Ce n'est que lorsqu'il sentit la cagoule sur sa tête qu'il eut un cri humain : « Adèle, ma Chère femme».

 

 

Mais il était dit qu'il aurait une fin atrocement ignominieuse. On ne sait pour quelle raison, peut-être sa langue se coinça-t-elle entre ses dents, mais on entendit encore, une minute après que la corde se fût raidie, un râle étouffé, le cri de mort d’une bête prise au piège.

 

 

Après cette dure épreuve de nos nerfs, nous craignions l'entrée de Saukel. Ce petit homme chauve, qui fut le négrier de l'Europe, est mort discrètement : « Je meurs innocent, le verdict est injuste. Que Dieu protège l'Allemagne et ma famille.»

 

 

Je te salue, mon Allemagne...

 

 

Jodl, dans son uniforme de général, sans décorations, mais gansé de rouge, s'écria simplement : « Je te salue, mon Allemagne ».

 

 

Le dernier condamné à mort, Seiss-Inquart, fait, en boitillant, les six pas qui le séparent des marches. Il décline son nom d'un ton de professeur épelant un mot difficile. Et c'est encore un tardif appel à l'union et à la paix : « J'espère que ces exécutions seront le dernier acte de la tragédie de la deuxième guerre mondiale. L'enseignement de cette guerre est que la paix et la compréhension doivent régner entre les nations. Je crois en l'Allemagne. »

 

 

Pour la dernière fois, nous entendîmes le bruit de la trappe qui s'ouvrait. Il était alors 2h 46. Les dix exécutions ont duré exactement 1h 35. Les minutes passaient et personne ne donnait le signal du départ.

 

 

Gœring fait son entrée, raide sur une civière...

 

 

La porte s'ouvrit enfin, et, porté sur une civière, le corps de Goering fut déposé entre les deux potences pour identification. Nous revîmes pour la dernière fois le visage de celui qui fut un ambitieux sans scrupules, un politicien retors et l'une des figures les plus typiques de l'esprit nazi.

 

 

Ces traits durcis, ce n'était plus le visage alourdi du hobereau qui nous étonnait par sa faconde durant le procès. C'était un visage grave, le visage d'un mort.

 

 

Peut-être certains regretteront-ils que la mort de ces criminels nazis fut, plutôt qu'un supplice, une sorte d'opération chirurgicale empreinte de gravité...

 

 

Mais non, je suis convaincu que le monde respirera plus librement en apprenant qu'il s'est accompli ce matin 16 octobre, à Nuremberg, non pas un geste de vengeance, mais un acte de justice.

 

 

Les cadavres ont été incinérés

 

 

Un communiqué a fait savoir que les cadavres des dix suppliciés et celui de Gœring ont été incinérés et leurs cendres dispersées dans un lieu tenu secret. Quant aux cordes ayant servi à l'exécution et que certains collectionneurs s'étaient proposé d'acheter pour des sommes fabuleuses, elles ont été brûlées.

 

 

Sacha SIMON.

 

Almanach 1947, l'Est Républicain

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article
2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 11:47
Nuremberg 3 : la dernière nuit des condamnés


MARDI soir, à 20 heures, nous étions convoqués par le colonel Andruss, chef du Service de sécurité du Palais de Justice. Nous, c'est-à-dire les huit journalistes accrédités pour assister â l'exécution : Gingell, de « L'Exchange Telegraph »; Panton, du « Daily Express »; Klingebury Smith, de « L'International New Service », Arthur Gaeth, du « Broadcasting Service »; Termin, de la « Pravda »; Afanasiev, de 1 « Agence Tass », Deroche, de l'« Agence France-Presse », et Sacha Simon, de « L’Est Républicain ». Nous ne devions quitter la prison que le lendemain, à 6 heures du matin, après l'exécution des chefs nazis (16 octobre 1946).

 

 

En attendant l'heure fixée, on nous fit visiter la prison.

 

 

Nous avons vu la salle dans laquelle les avocats rencontraient, tous les soirs, leurs clients. Curieuse installation qui rappelle un bureau de poste par ses guichets encastrés dans les isoloirs ou encore la véranda d'une maison de campagne par les grillages se détachant sur le fond vert des parois de séparation.

 

 

Par un long couloir longeant la façade intérieure du palais, on nous mena dans l'aile qui abrite encore, à l'heure où nous l'avons visitée, les condamnés à mort.

 

 

Deux portes de fer à franchir, quelques marches à monter, un papier à remettre et nous voici dans ce couloir où des journalistes pénètrent pour la première fois. Nous voici à quelques centimètres de l'intimité des grands criminels nazis. C'est leur dernière nuit, leurs dernières heures et ils ne s'en doutent pas encore.

 

 

De chaque côté de l'immense couloir qui, avec ses étages grillagés, rappelle l'intérieur des prisons américaines, des M P. figés devant une lucarne. Un peu plus bas, un œil-de-bœuf dans lequel est encastré un projecteur. Nuit et jour, le moindre geste des accusés était surveillé, guetté.

 

 

La première lucarne me livre la silhouette basse de Saukel rôdant dans la cellule nue. Il a une chemise brune, un pantalon étroit qui lui serre les mollets. Il tourne, il tourne inlassablement entre les quatre murs. Dans la cellule voisine, Frank, assis sur le lit fume un cigare. Frick, Kaltenbrunncr à côté, lisent. Keitel, d’un geste qui doit lui être familier, arrange les plis de la couverture de son lit. Où est-elle l'image du vainqueur arrogant ? Ce n'est plus qu'un vieillard amer qui, les bretelles pendantes, s'apprête à dormir pour la dernière fois.

 

 

Deux personnes occupaient la cellule voisine : Ribbentrop, à genoux au pied de son lit, priait, ayant à ses côtés le « chaplain » de la prison. II leva les yeux. Un regard vide, mort, ce regard d'un être moralement et physiquement vidé.

 

 

Seiss Inquart se brossait les dents, le dos voûté, gris et terne. Sur une table couverte de feuilles de papier, Jodl écrivait sans lever la tête. Il était 21 h 30. Rosenberg, Streicher et Gœring dormaient. Je n'ai vu d'eux que des corps étendus, déjà des cadavres.

 

 

Les soldats chargés de surveiller les condamnés avec une attention de tous les instants font deux heures de service et se reposent quatre heures, cela pendant vingt-quatre heures Puis ils se reposent vingt-quatre heures.

 

 

La boite en carton de Von Neurath et la valise en parchemin de Gœring

 

De là, on nous conduit dans les différents services de la prison, à l'infirmerie, à la bibliothèque où un registre soigneusement tenu permettra aux historiens de connaître les goûts littéraires des chefs nazis. A la cuisine, nous avons pu voir que le menu, pour sobre qu'il soit, est pourtant composé d’aliments appétissants et bien préparés.

 

 

Pour leur dernier repas, les condamnés ont eu de la salade de pommes de terre, de la saucisse, du pain et du thé. Au début, ils avaient la ration des prisonniers de guerre. On s'est aperçu qu'ils maigrissaient et on les a mis au régime des travailleurs de force. Ce n'est pas par égard pour leurs intéressantes personnes, a précisé le colonel Andruss, mais pour éviter qu'ils ne tombent malades avant la fin du procès. On avait trop besoin d'eux aux audiences.

 

 

Dans deux cellules dont la paroi de séparation a été abattue, on a aménagé une chapelle qui servait à tour de rôle pour des offices catholiques et protestants. Seul Rosenberg n'y assistait pas.

 

 

Nous avons fait connaissance du docteur allemand Flueker qui, avec la maitrise que lui donnent quarante ans de pratique, soignait les accusés ; nous avons vu les « prisonniers modèles allemands qui ont été transférés de la prison de Mondorf-les-Bains à celle de Nurernberg où ils occupent les postes de cuisiniers, bibliothécaires et magasiniers

 

 

On nous a montré enfin les bagages des condamnés, des valises de toutes les tailles, de tous les tons, les valises insolentes en parchemin blanc de Gœring, le bagage pauvre de von Neurath arrêté avec un carton de colis américain à la main, les deux valises noires de Ribbentrop, derniers vestiges d'un passé mort.

 

 

L'invraisemblable suicide de Gœring

 

 

Il est minuit. « Messieurs, j'ai le regret de vous apprendre que Gœring vient de se suicider dans sa cellule. »

 

 

Telle fut l'incroyable nouvelle que nous annonça, d'une voix blanche, à minuit précis, le colonel Andruss, chef du service de sécurité du palais.

 

 

Nous venions de visiter l'intérieur de la prison. Nous avions vu, à 22 heures, le chef de la Luftwaffe dormant - ou faisant semblant de dormir - sur son lit de camp. Nous sortions du hangar transformé en salle d'exécutions capitales. La nouvelle nous bouleversa comme elle bouleversa le monde entier. Ainsi, par une fatalité insistante, cinq des principaux chefs nazis : Hitler, Himmler, Gœbbels, Gœring et Bormann, présumé en fuite, échappent, sinon à la mort; du moins au châtiment infamant.

 

 

Ainsi, pour la deuxième fois dans cette prison de Nuremberg, dont nous venions justement d'admirer l'impeccable organisation, deux prisonniers, à un an d'intervalle, se donnent la mort.

 

 

Ley s'est pendu dans sa cellule un mois avant le début du procès. Aujourd'hui, c'est Gœring qui, un mois après la dernière audience, absorbe du cyanure de potassium.

 

 

C'est à 23 h. 45 que la sentinelle chargée de le surveiller a entendu des râles. Elle prévint immédiatement l'officier de garde, qui lui-même fit appel au docteur et à l'aumônier. Tous deux arrivèrent trop tard : Gœring venait de rendre 1e dernier soupir.

 

 

On a trouvé, au pied du lit, une douille métallique de quelques centimètres de long qui contenait l'ampoule de poison foudroyant. L'autopsie du corps, faite immédiatement, ne permit que de constater le décès et amena la découverte de quelques éclats de verre dans la bouche de Gœring. Il avait laissé sur la table une enveloppe contenant trois lettres dont une pour le chef du service de sécurité.

 

 

Le colonel Andruss nous déclara qu’il ne comprenait pas comment le poison a pu se trouver entre les mains de Goering. Pourtant, il a rappelé que, lors de la détention de celui-ci à Mondorf-les-Bains, on avait déjà découvert du cyanure que Gœring essayait de dissimuler dans une boîte de café en poudre.

 

 

Sacha SIMON.

 

Almanach 1947, L’Est Républicain

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article
2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 10:50
Nuremberg 2 : les monstres nazis devant leurs juges

 

Par Sacha Simon, envoyé spécial de « L'Est Républicain » à Nuremberg et un des très rares témoins de l'exécution de Gœring et Cie.

 

Mon premier rendez-vous avec Gœring et 20 de ses amis date de près d’un an. On est toujours curieux de connaître des gens dont on a beaucoup entendu parler. J'étais impatient de voir la tête de ces seigneurs de la guerre et du crime.

 

Dix mois après ils étaient devenus pour nous des silhouettes familières comme celles du laitier, du facteur ou de l’employé méticuleux que l'on croise tous matins au coin de la rue. Pendant dix mois tous les journaux ont décrit les réactions des accusés ; le moindre de leurs gestes a été passé au crible, analysé, commenté.

 

Mais il y a un autre aspect des accusés, un aspect psychologique auquel il n’était pas question de nous arrêter tant qu’ils synthétisaient en quelque sorte les quelque sorte les crimes nazis.

 

Il en va tout autrement aujourd’hui. Ceux dont je vais parler ont payé. Nous pouvons désormais, puissant dans nos souvenirs visuels et sensoriels esquisser des silhouettes - si j'osais, j'écrirais : humaines - des accusés.

 

HERMANN GOERING

 

Le personnage le plus intéressant celui qui avait le plus d'envergure, était sans conteste Gœring.

 

Jusqu'aux dernières audiences du procès, il joua le grand jeu, prenant visiblement, par gestes ou hochements de têtes toutes ses responsabilités, s'étalant comme une vedette de cinéma dans le box des accusés, lorgnant le public avec condescendance : il était, n'ayant pas peur des mots, l'accusé le moins antipathique de la bande et il fallait faire un effort pour le restituer à sa juste place : celle du créateur des camps de concentration.

 

On sait qu'il était morphinomane. Je suppose qu'il lui a fallu une volonté peu commune pour résister à la fois et à la dure épreuve que fut ce long procès et à celle non moins dure de privation de stupéfiant. Pourtant dans les dernières semaines il « accusa le coup » : sombre, il n'avait plus un geste, plus une réaction et ce jusqu'à ses derniers instants.

 

On a dit qu'il a été très affecté de ne pas pouvoir embrasser sa femme : les épouses des condamnés ont été autorisées à les voir avant le verdict mais les entrevues avaient lieu devant un guichet grillagé. Il pleura en voyant son enfant, une ravissante fillette aux cheveux blonds et aux yeux bleus. J'ai parlé avec quelqu'un qui travaillait à la censure des lettres des accusés. Celles de Gœring étaient remplies de recommandations : « couvre bien la petite si tu vas te promener, les soirées sont si fraîches en septembre… ». Une phrase de la réponse de Mme Gœring (quel terrible nom à porter !) me frappa par son élévation de pensée : « je sais qu'une fois encore nous nous reverrons pour quelques instants. II ne faudra alors penser ni au temps passé, ni à l'avenir : rien qu'aux secondes qui s’écouleront ! Il faudra faire abstraction de tout ce qui n'est pas nous. Ce n'est qu'à ce prix que nous surmonterons le désespoir. »

 

Le quart d'heure durant lequel Gœring put présenter sa défense était attendu avec une curiosité passionnée, ce matin du 30 août. L'accusé revendiqua ses responsabilités - sauf dans les crimes des camps de concentration qui furent pour lui comme pour ses co-accusés « une révélation » au cours de procès.

 

Le 1er octobre il entendit sa condamnation à mort avec sérénité.

 

 

Nuremberg 2 : les monstres nazis devant leurs juges

HESS

 

Agé de 47 ans Rudolph Hess a été condamné à l'internement jusqu'à la fin de ses jours. Verdict visiblement motivé par son état mental. Une partie de l'opinion publique croit qu’il a simulé la folie par calcul. Il suffisait de voir quelques minutes son visage blafard, ses yeux fixes, ses gestes saccadés, l'indifférence véritablement prenante qu’il manifesta tout au long du procès ( à l’instant de la lecture de sa condamnation il refusa les écouteurs d'un geste dédaigneux et sembla fort intéressé par les premiers rangs du public) il suffisait, dis-je, de l'avoir observé comme je l'ai fait pour se persuadé qu'il était pour le moins « dérangé » comme disent les bonnes gens de chez nous.

 

Dans sa déclaration il parla longuement et avec une certaine exaltation d'un « moyen secret que les Russes appliquaient aux accusés de leurs procès politiques ».

« J'ai compris pourquoi, déclara-t-il, mes gardiens, en Ecosse, avaient les yeux vitreux. Je voulus en avoir le cœur net, j'allai poser la question au docteur qui me soignait quand, le regardant, je vis qu'il avait le même regard vide. Tout me fût clair et limpide dès ce moment.

« Je suis profondément croyant, Monsieur le Président. Aussi c'est sur la croix que je jure de dire la vérité dans les révélations sensationnelles que j'ai à faire.

Malheureusement, il avait déjà parlé plus de vingt minutes. Le président Lawrence lui ordonna de s'asseoir. C'est ce qu'il fit non sans avoir auparavant insulté ceux « qui renient un idéal qu'ils ont aveuglément servi ».

 

 

 

Nuremberg 2 : les monstres nazis devant leurs juges

KEITEL

 

Le feld-maréchal prussien me fut, dès les premiers instants, terriblement antipathique.

 

En dehors de sa terrible responsabilité dans les atrocités commises dans les pays occupés de l'Est, c'est par son regard hargneux, par sa mâchoire serrée que Keitel me déplut. Son audition comme témoin à la barre me révolta : il se couvrait, tout en reconnaissant les horribles conséquences des papiers qu'il signait, derrière l'ordre reçu de son Führer. « Tout comme vous obéiriez dans le même cas au généralissime Staline »; aboya-t-il au procureur russe Rudenko qui le talonnait.

 

Aussi est-ce avec surprise que nous le vîmes le dernier jour des audiences faire un mea-culpa pathétique. Il était blanc comme de la craie, les mots sortaient un à un comme s'il faisait un effort surhumain pour les prononcer.


— Je vois aujourd’hui toute l'étendue de ma responsabilité. S'il fallait recommencer je préférerai me déshonorer comme soldat en désobéissant plutôt que de revivre les remords qui me rongent. J'accepte avec sérénité la peine de mort, juste punition de mes crimes.


RIBBENTROP

 

Agé de 53 ans, le ministre des Affaires étrangères du Reich a vieilli de dix ans au cours de ces dix mois. Amer et désabusé, il a peu montré des sentiments qui ont pu l'agiter au cours des débats.

 

Pendant son quart d'heure de défense il n'a rien renié. Avec une certaine ironie hautaine, il souhaita que la politique anglo-américaine réussit là où il a échoué, dans la lutte contre le pan-slavisme.

 

 

Nuremberg 2 : les monstres nazis devant leurs juges

KALTENBRUNNER

 

43 ans, le bras droit de Himmler, était un personnage de petite envergure : un exécutant brutal et inintelligent. Son seul souci au cours du procès fut de s'efforcer de prouver qu'il n'avait jamais visité un camp de concentration, qu'il n'en connaissait qu'à peine l'existence : il était chef de la cinquième section et c'est la quatrième section, deuxième porte à gauche dans le couloir, qui s'en occupait.

Cette défense puérile n'eut aucun effet sur les juges qui le condamnèrent à la peine de mort. Dès ce jour son attitude changea : il parut se désintéresser de tout et entre autre de son propre sort.

 

ROSENBERG

 

Né en 1893 dans les pays baltiques, le théoricien du parti parle aussi couramment le russe que l'allemand. Il fut entre autres ministre du Reich pour les territoires occupés de l'Est. Terrible responsabilité qui a entraîné une condamnation à mort quasi automatique.

Sa défense fut faible : il se défendit d'avoir provoqué les atrocités et affirma que l'idéal W.S. tel qu'il l'avait précisé dans ses livres a été déformé par des jouisseurs du régime. L'acte d'accusation reconnaît qu'il a parfois élevé la voix pour protester contre les crimes qui se commettaient en Pologne et en Russie. Protestations platoniques qui n'atténuent guère ses responsabilités de grand manitou nazi.

 

Nuremberg 2 : les monstres nazis devant leurs juges

FRANK


Il y a 25 ans un petit avocat besogneux de Munich était chargé de défendre un assez trouble personnage dont l'activité d'agitateur inquiétait le gouvernement.

 

Tous deux avaient fait du chemin depuis : le client c'était Hitler, l'avocat, Hans Frank, premier juriste du. Parti nazi et nommé en 1939 gouverneur général de la Pologne.

 

Toutes les mesures inhumaines appliquées aux Polonais, il les prenait de sang-froid et sans pitié. Aussi fut-on tout surpris d'apprendre que dans un document comportant 40 pages dactylographiées l'accusé avait signalé à Hitler en 1942 la situation catastrophique des Polonais et demandé un adoucissement des mesures prises. Enigme psychologique que le procès n'a pas résolu, Frank sembla très affecté lors de la projection du film sur les horreurs nazies. Il fit un spectaculaire mea-culpa, dénonçant au peuple allemand les dangers d'une survivance du néfaste mythe nazi.

 

Il accueillit sa condamnation à mort avec un calme parfait.

 

 

Nuremberg 2 : les monstres nazis devant leurs jugesNuremberg 2 : les monstres nazis devant leurs juges

FRICK ; SAUCKEL; JOLD ; STREICHER

 

De Frick il ne me reste que le souvenir d'un visage taillé à coups de hache et d'un regard lourd et brutal. Habillé d'un complet à carreau, l'ex-directeur de l'office central des pays occupés n'eut, au cours du procès, que des réflexes de bête acculée qui montre ses crocs.

Les autres condamnés à mort, Jodl, Seiss-Inquart, Saukel ont été des personnages de peu d'envergure, des « utilités » que Hitler sut utiliser pour ses desseins criminels.

Le plus répugnant de tous était sans conteste Streicher. Il portait sur son visage la marque de tant d'ignominie que c'en était gênant : il n'avait, lui plus rien d'humain, même plus l'aspect.

 

 

Almanach 1947, L’Est Républicain

Repost 0
Published by Pagliari Armand - dans Histoire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog du maire de Pagny sur Meuse
  • : Mon quotidien et le reste, en fonction du temps disponible, de l'humeur et de ce qui peut être écrit.
  • Contact

Recherche

Liens