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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 08:36

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A l’occasion de la commémoration

de la victoire du 8 mai 1945

 

 

Ce 8 mai ne ressemble pas à un 8 mai.

Il n’a pas le goût d’un jour de fête.

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous rassembler en nombre devant les monuments de nos villes, sur les places de nos villages, pour nous souvenir ensemble de notre histoire.

Malgré tout, la Nation se retrouve par la pensée et les mille liens que notre mémoire commune tisse entre chacun de nous, cette étoffe des peuples, que nous agitons en ce jour dans un hommage silencieux.

 

C’est dans l’intimité de nos foyers, en pavoisant nos balcons et nos fenêtres, que nous convoquons cette année le souvenir glorieux de ceux qui ont risqué leur vie pour vaincre le fléau du nazisme et reconquérir notre liberté. 

C’était il y a 75 ans.

Notre continent refermait grâce à eux le chapitre le plus sombre de son histoire : cinq années d’horreur, de douleur, de terreur.

 

Pour notre pays, ce combat avait commencé dès septembre 1939.

Au printemps 1940, il y a 80 ans, la vague ennemie avait déferlé sur les frontières du Nord-Est et la digue de notre armée n’avait pas tenue.

Nos soldats pourtant s’étaient illustrés à de nombreuses reprises. Ceux de Montcornet, d’Abbeville, de Gembloux ou de Stone, les hommes de Narvik, les cadets de Saumur, l’armée des Alpes avaient défendu avec vigueur notre territoire et les couleurs de notre pays.

Ils sont « ceux de 40 ». Leur courage ne doit pas être oublié.

Dans le crépuscule de cette « étrange défaite », ils allumèrent des flambeaux. Leur éclat était un acte de foi et, au cœur de l’effondrement, il laissait poindre la promesse du 8 mai 1945.

 

Cette aube nouvelle fut ensuite conquise de haute lutte par le combat des armées françaises et des armées alliées, par les Français Libres qui jamais ne renoncèrent à se battre, par le dévouement et le sacrifice des Résistants de l’Intérieur, par chaque Française, chaque Français qui refusa l’abaissement de notre nation et le dévoiement de nos idéaux.

La grande alliance de ces courages permit au Général DE GAULLE d’asseoir la France à la table des vainqueurs.

La dignité maintenue, l’adversité surmontée, la liberté reconquise, le bonheur retrouvé : nous les devons à tous ces combattants, à tous ces Résistants.

A ces héros, la Nation exprime son indéfectible gratitude et sa reconnaissance éternelle.

 

Le 8 mai 1945, c’est une joie bouleversée qui s’empara des peuples. Les drapeaux ornaient les fenêtres mais tant d’hommes étaient morts, tant de vies étaient brisées, tant de villes étaient ruinées. A la liesse succéda la tristesse et la désolation. Avec le retour des Déportés, les peuples découvrirent bientôt la barbarie nazie dans toute son horreur…

 

Rien, plus jamais, ne fut comme avant.

La fragilité révélée de nos vies et de nos civilisations nous les rendit plus précieuses encore. Au bout de cette longue nuit qu’avait traversé le monde, il fallait que l’humanité relevât la tête. Elle venait de découvrir horrifiée qu’elle pouvait s’anéantir elle-même et il lui fallait désormais refaire le monde, de fond en comble, ou à tout le moins « empêcher que le monde ne se défasse », selon le mot de Camus.

Ce fut l’heure, en France, de l’union nationale pour fonder « les beaux jours » annoncés par le Conseil National de la Résistance et bientôt retrouvés.

L’heure, en Europe, de l’effort commun pour bâtir un continent pacifié et fraternel.

L’heure, dans le monde, de construire les Nations unies et le multilatéralisme. 

 

Aujourd’hui, nous commémorons la Victoire de ce 8 mai 1945, bien sûr, mais aussi, mais surtout, la paix qui l’a suivie.

C’est elle, la plus grande Victoire du 8 mai. Notre plus beau triomphe.

Notre combat à tous, 75 ans plus tard.

 

Vive la République !

Vive la France !

                                                                                            Emmanuel MACRON

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 15:55

 

La situation sanitaire et les mesures de confinement ne permettent pas de tenir les cérémonies dans le format habituel.

Aussi, en ces circonstances particulières, la commémoration du 75e anniversaire de l’armistice et le souvenir de ceux qui sont tombés pour nous durant le second conflit mondial se tiendront sans public, dans le strict respect des gestes barrière, et en format très limité afin d'éviter d'exposer des personnes fragiles.

Les maires pourront procéder au dépôt d’une gerbe dans les lieux où la cérémonie se tient habituellement et dans un format très restreint à l'instar des villes chefs-lieux.
Le nombre de personnes présentes ne pourra excéder 3 personnes (en priorité les élus communaux) et les mesures de distanciation devront être strictement respectées.
Ce dépôt de gerbe se fera sans public, sans troupes, sans invités.


Les édifices publics devront être pavoisés aux couleurs nationales, sous réserve que les agents affectés à cette tâche soient mobilisés dans le cadre des plans de continuité d'activité.

Afin de manifester leur participation à cette journée nationale, le Président de la République demande aux Françaises et aux Français qui le souhaitent de pavoiser leur balcon.

 

Une gerbe sera déposée au Monument comme prévu.

 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 09:40

 

La foule était nombreuse autour du Monument aux Morts.

 

C'est évidemment une cérémonie emblématique, mais il faut souligner ce qui a fait aussi le moteur de ce succès : les enfants des écoles venus chanter la Marseillaise avec leurs enseignantes. Ils étaient là avec parents et/ou grands-parents. Ils ont pu lire le poème "La liberté" qu'ils n'avaient pas pu lire le 6 octobre pour le centenaire de l'inauguration du Monument. Souhaitons que plus grands, ils se souviennent du chemin de Monument et prennent la relève de ceux qui se souviennent.

 

Il faut également souligner la présence de nos sapeurs-pompiers et surtout celle des jeunes sapeurs-pompiers que vous avez pu remarquer en casque orange. Ces derniers préparent ainsi la relève de leurs ainés. Sachez que la caserne de Pagny forme, sous la houlette de Dimitri Lamotte, chef de centre, la première année des cadets sapeurs-pompiers : ils sont 18 dépendant des secteurs de Vaucouleurs et de Void. Les 2ème et 3ème années de formation se déroulent dans les casernes de Void et Vaucouleurs.

Une foule nombreuse / Les enseignantes Knoéry et Gauché, présentes avec les enfants / les sapeurs pompiers
Une foule nombreuse / Les enseignantes Knoéry et Gauché, présentes avec les enfants / les sapeurs pompiers
Une foule nombreuse / Les enseignantes Knoéry et Gauché, présentes avec les enfants / les sapeurs pompiers

Une foule nombreuse / Les enseignantes Knoéry et Gauché, présentes avec les enfants / les sapeurs pompiers

 

Mon introduction à la cérémonie avait pour thème le premier 11 novembre en 2019. Le voici :

 

Le 6octobre, nous commémorions le centenaire de l’inauguration de notre Monument aux Morts.

 

Aujourd’hui, ce 11 Novembre est le centième anniversaire de ce premier  11 novembre. Le 11 novembre est une des grandes dates de la vie commémorative française. Jour de mémoire, c'est aussi la mémoire d'un jour, celui de l'Armistice de 1918.

 

Le 11 novembre 1918 marque la fin des combats de la grande Guerre

Ce 11 novembre 1918, à cinq heures, l'Armistice est signé à Rethondes, en forêt de Compiègne. Il met fin aux hostilités de la Première Guerre mondiale sur le front occidental. Entrant en vigueur à la 11ème heure du 11ème jour du 11ème mois, il est valable pour 36 jours et peut être prorogé.

 

Au front alternent des scènes d'émotion, de joie et de fraternisation à l'annonce du cessez-le-feu. La liesse déferle sur la France, tandis que retentissent les coups de canon que Clemenceau a ordonné de tirer.

 

Au Palais Bourbon, à 16 heures, Clemenceau lit les conditions d'armistice, salue l'Alsace et la Lorraine et rend hommage à la Nation.

 

Ce "jour de bonheur" ne peut faire oublier à l’ancien combattant, revenu à la vie civile, l'expérience tragique et le message dont il est porteur. Il importe en effet que le courage et les sacrifices des soldats durant ces quatre années de guerre restent dans chaque mémoire. Aussi peut-on dire que ce sont les anciens combattants qui vont imposer peu à peu le 11 novembre comme une fête nationale.

 

Le 11 novembre 1919 est un 1er anniversaire et une journée d'hommage bien discret. Une seule cérémonie est organisée dans la chapelle des Invalides en présence du maréchal Foch. Cette même année, deux journées commémoratives avaient déjà marqué les esprits :

 

- Le 14 juillet 1919, on fête la Victoire et la Paix dans le faste et dans la liesse. Cet hommage est rendu aux combattants, aux vivants comme aux morts ; Clemenceau a voulu que ce soit "leur" jour. À Paris, mille mutilés précèdent le défilé victorieux des armées alliées, qui passent pour la dernière fois sous l'Arc de Triomphe, devant une foule innombrable. Un cénotaphe édifié sous l'Arc reçoit, dans la nuit du 13 au 14, l'hommage du peuple aux morts pour la patrie.

 

- Le 2 novembre 1919, premier Jour des morts depuis le retour de la paix, de nombreuses cérémonies symboliques sont organisées. Le Parlement a voulu que les morts fussent glorifiés dans toutes les communes de France, le même jour à la même heure. Moins qu'une journée de cérémonies officielles, ce 2 novembre est plutôt consacré aux hommages individuels des mères, veuves et orphelins, dans les cimetières et les nécropoles du front.

 

Voici pour l’année 1919, il y a 100 ans.

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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 23:45

 

Beaucoup de monde à cette commémoration. La présence des enfants de CE2 accompagnés des parents ou grands-parents n'est pas étrangère à cette affluence. Avec leur maitresse, Madame Knoery, ils venaient chanter la Marseillaise. Elle les sensibilise beaucoup aux valeurs de la République par diverses actions. Qu'elle en soit remerciée ainsi que les enfants qui sont venus de bon coeur.

La Marseillaise des écoliers avec leur maitresse.

La Marseillaise des écoliers avec leur maitresse.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 12:03

 

Elles sonneront à la volée comme cela a été le cas en 1918 et dans toutes les communes de France, une empreinte mémorielle puissante.

Après la cérémonie au Monument aux Morts, à 11h01, pendant 11 minutes.

 

 

 

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 09:25

 

Deux ou trois petites choses sur le 8 mai

 

Le 8 mai 1945 est la date officielle de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Ce jour-là, toutes les forces militaires allemandes capitulaient sans condition.

 

Deux actes de reddition furent ratifiés par l'Allemagne nazie.

  • Le premier dans la nuit du 6 au 7 mai 1945, à 2 h 41 à Reims, au QG d'Eisenhower. La cessation effective des combats était prévue pour le 8 mai, à 23 h 01.
  • Cependant, Staline exigea une seconde signature dans le QG des forces soviétiques à Berlin. L'événement se déroula le 8 mai vers 23 h (heure locale).

 

Par une loi du 7 mai 1946, il fut décidé que la commémoration de cette victoire serait fixée à la date du 8 mai si ce jour était un dimanche. Sinon, le premier dimanche suivant serait retenu.

 

En 1951, le gouvernement décidait que cette célébration aurait lieu le 8 mai, quel que soit le jour de la semaine.

 

À la demande des associations d'anciens combattants résistants et déportés, ce jour historique devint un jour férié en France le 20 mars 1953 alors que Vincent Auriol était président de la République. Il conserva ce statut jusqu'en 1959.

 

Cette année-là, par décret du 11 avril 1959, Charles De Gaulle fixait la commémoration de la «victoire de 1945» au deuxième dimanche de mai.

 

Il décidait, en 1960, qu'il ne serait plus férié.

 

Toutefois, à titre exceptionnel, en raison du 20e anniversaire de la capitulation de 1945, ce jour a été chômé le 8 mai 1965. Enfin, par un décret de 1968, il précisait que cette célébration devait avoir lieu à sa date anniversaire, mais en fin de journée.

 

De 1975 à 1979 inclus, le 8 mai n'était plus commémoré officiellement.

 

Dans un but de rapprochement des peuples européens, Valéry Giscard d'Estaing avait décidé que le 11 novembre serait la journée unique du souvenir de toutes les guerres. Cette « journée de l'Europe », devait marquer la réconciliation franco-allemande.

 

Puis, il est ensuite revenu sur cette décision, répondant ainsi au vœu des anciens combattants. L'anniversaire de la victoire de 1945 fut officiellement fixé le 8 mai 1980.

 

Le jour férié a été rétabli en 1982 sous la présidence de François Mitterrand, par la loi n° 81-893 du 2 octobre 1981.

 

Cette journée fut ajoutée à la liste des fêtes légales, considérées comme des jours fériés, dans le Code du travail. Une proposition de loi en ce sens avait déjà été votée par le Sénat en 1979.

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 10:05

 

6 janvier 2018 : extraits du discours d'inauguration

 

La présence d’une école dans un village reste un axe à la fois fort et sensible de celui-ci. En construire une extension est un des plus beaux témoignages de la vitalité et du dynamisme de la cité. Inaugurer une école est un acte majeur pour son maire, son conseil municipal, sa population et l’avenir d’une commune. Il est un moment important et rare de la vie municipale.

C’est en raisonnant et en anticipant sur l’avenir que ce projet a vu le jour dans la continuité et l’esprit qui avait prévalu pour la construction de l’école maternelle avec restauration et accueil périscolaire que j’avais inaugurée en 2012. Double privilège donc d’inaugurer une maternelle haute qualité environnementale et maintenant cette extension de l’école élémentaire à l’isolation performante, sans oublier la rénovation de la partie ancienne de l’été 2016. Toujours dans l’idée du bien-être des élèves et de leur donner les meilleurs conditions de réussite.

Tout ce que nous avons entrepris correspondait à des besoins.

 

Cette extension est le signe d’une bonne santé démographique de notre commune mais aussi de celle de Troussey et dans une moindre mesure d’Ourches dont nous accueillons les enfants. Il est vrai que, pour ne parler que de notre village, nous sommes dynamiques, attractifs car bien situés géographiquement. Il y fait bon vivre. Nous maintenons des traditions d’accueil. Beaucoup sont surpris d’apprendre les nombreux petits avantages qu’offre la commune et qui n’existent pas ailleurs. Cela donne envie de venir ici. De nouveaux venus, jeunes pour la plupart, ont fait le choix de venir s’installer dans les nouveaux lotissements ou les maisons restaurées à neuf par des particuliers. D’autres jeunes sont revenus au village. Cette jeunesse est la raison d’un taux de naissances en nette progression ces dernières années. Ces futurs petits élèves, c’est aussi notre avenir. Et pour eux, il faut des écoles.

...

Mais pour construire, il faut de l’argent.

Pour rappel, le coût global de l'ensemble des travaux (rénovation 2016 et extension 2017) s'élève à 580.000 €.  Rénovation : 208 000 €. Extension : 372 000 €. Le financement se répartit entre : un emprunt de la municipalité pour 180.000 € remboursable sur 20 ans, une subvention de 174.000 € au titre de la dotation à l'Équipement des Territoires Ruraux (DETR) et une subvention du G.I.P. Objectif Meuse pour un montant de 225.000 €. (68 % de subvention). Ces aides ont été appréciables et appréciées. Que les représentants de l’Etat, M. le sous-préfet, et du GIP, M. Jannot, vice-président, transmettent nos remerciements à qui de droit.

 

...

 

Nous avons fait notre travail d’élus. L’école est le « maillon » primordial du service public, celui auquel les parents sont le plus attachés. C’était une priorité dans le fonctionnement de notre commune, et nous n’oublions pas les deux autres communes.

 

Tout évolue. En bien ou en mal ? L’avenir le dira. Je sais bien que les hussards noirs de la République sont morts depuis longtemps (une légende ?). Je sais aussi qu’il faut être dans la mouvance des évolutions technologiques ou sociétales du 21ème siècle.

 

Il n’en reste pas moins que l’école reste l’école avec une  ambition : celle d’une éducation pour tous. La nôtre était celle du meilleur pour nos enfants : ce qui par exemple a fait que toutes nos classes, tant en maternelle qu’en élémentaire, sont chacune équipée d’un tableau blanc interactif, de tablettes et de portables, ce qui est loin d’être le cas de bien des écoles.

 

Nous avons construit dans l’intérêt de nos écoliers, passés, actuels et à venir. A terme, nous ne serons plus décisionnaires (transfert de la compétence "écoles" à la codecom) mais je cite « que l’école demeure le cœur battant de nos villages, où se nouent des liens et des amitiés, où s’échangent des idées, des visions du monde, des ambitions, des envies ».

Les services techniques ont préparé les salles de classe pendant les vacances d'hiver, déménageant mobilier, documents des enseignants, ... depuis la maison des associations qui a hébergé les classes de CM1 et CM2 pendant un an..

Les services techniques ont préparé les salles de classe pendant les vacances d'hiver, déménageant mobilier, documents des enseignants, ... depuis la maison des associations qui a hébergé les classes de CM1 et CM2 pendant un an..

La classe de CM1

La classe de CM1

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 11:17

 

C’est la première fois que nous commémorons la journée de la déportation. Pourtant, deux des enfants de Pagny sont morts en déportation. Je connais leurs noms depuis bien des années, retrouvés au fil de mes pérégrinations sur internet à la recherche de documents et de renseignements sur Pagny. Oubliés depuis des dizaines d’années, il ne fallait pas qu’ils passent à la trappe du temps qui court.

 

J’ai fait graver leurs noms sur une plaque maintenant apposée à notre monument aux Morts.

 

Oubliés depuis longtemps, disais-je. Pas tout à fait, parce que dans notre population, certains se souviennent encore et pour cause. Un père déporté, un frère déporté, un cousin déporté. Cela ne s’oublie pas, même si cela s’est passé il y a plus de 70 ans. Ils étaient bien jeunes à l’époque. Ils n’ont pas bien compris ce qui se passait. Ils ont tous une histoire à la fois semblable et différente. Leur jeunesse a été imprégnée par cette tragédie. Ils sont aujourd’hui associés à cette commémoration même s’ils ne sont pas forcément liés à nos deux déportés. Ils sont parmi nous, témoins d’un autre temps.

 

Permettez-moi de vous rapporter les quelques éléments en ma possession.

 

Nos deux déportés s’appelaient Priouret Albert et Jacob Gilbert.

 

Albert Priouret est né à Pagny le 17 août 1898.

Policier à Toul, arrêté à Trondes lors des rafles de la mi-août 1944 en représailles des attaques du maquis de Trondes, interné à la prison Charles III de Nancy, emmené le 19 août 1944 à Natzweiler Struthof Matricule 23 050, évacué vers lecamp de concentration de Dachau, le 4 septembre 1944,puis tranféré vers le camp de concentration de Mauthausen, le 14 septembre 1944, où 46 déportés de ce transport sont immatriculés dans la série des « 97000 » et des « 98000 ». C’est le cas d’Albert Priouret Matricule 98930. Il a été intégré tout de suite dans le Kommando de Melk en Autriche où il décède le 2 janvier 1945. La mortalité a été très importante puisque sur les 46 déportés de Dachau à Mauthausen, 35 meurent, dont 26 à Melk.

 

La reconnaissance de la Nation est venue par le JO du 18 avril 1998 lui attribuant la mention « Mort en déportation ».

 

M. Priouret habitait rue du faubourg, sa maison a été détruite à la guerre tout au début de la rue.

 

 

M. JACOB Gilbert est né le 23 septembre 1920 à Pagny sur Meuse. Je sais peu de choses sur les circonstances de son arrestation et sa déportation.

Il a fait partie du convoi du 25 juin 1943 au départ de Compiègne à destination de Buchenwald en Allemagne où il est enregistré sous le matricule: 14 725.

Premier convoi parti de Compiègne pour le camp de concentration de Buchenwald, il rassemblait  999 hommes arrêtés et internés pour des motifs différents. Refus du service obligatoire du travail, activités anti-allemandes, tentatives de passage de la frontière espagnole constituent autant de raisons pour être appréhendé par les autorités allemandes et françaises.

 

Il est décédé le 24 mars 1944 dans le camp de DORA, camp de concentration (et non d’extermination) dépendant de Buchenwald et destiné à la construction des fusées A4 puis des missiles V2.

 

Il apparait au JO du 16 juillet 1994 avec la mention « Mort en déportation ».

 

 

La déportation fut une implacable machine à déshumaniser, à exterminer hommes, femmes et enfants au nom d’une idéologie. Avec la collaboration du gouvernement de Vichy et de l’État français, plus de 140 000 personnes ont été déportées : parmi elles la moitié environ était des juifs. Seulement 3% d’entre eux ont survécu. L’autre moitié était tsiganes, homosexuels, communistes, résistants, opposants. Au total, ce sont plus de 100 000 déportés français qui ne revinrent pas. Quand on évoque le bilan de la déportation en chiffres, on oublie, parfois, l’essentiel : ce sont des individus, des pères, des amis, des voisins, des collègues, qui ont été stigmatisés, déportés, affamés, torturés, assassinés.

 

« Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’une grand nombre parmi cette masse d’hommes soumise aux tortures de la faim, du froid et de la vermine, … » Cette phrase n’est pas de moi. C’est un extrait de l’exposé des motifs de la loi n°54-415 du 14 avril 1954, consacrant le dernier dimanche d'avril au souvenir des victimes de la déportation et morts dans les camps de concentration et qui a été votée à l’unanimité par le Parlement.

 

Nos deux déportés n’ont pas été oubliés. Cette cérémonie leur est dédiée ainsi qu’à ceux qui ont approché cette période noire.

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 15:52

La fête nationale n'est pas célébrée dans chaque commune de France comme je l'ai cru longtemps. Pourtant elle est le fondement du pacte républicain. Elle a la particularité d'être la seule cérémonie où aucun texte officiel n'est donné à lire, en général un message délivré par le ministre chargé des anciens combattants. Donc à chaque 14 juillet, le maire produit son propre discours, en général en rapport avec ce que représente le 14 juillet. Au risque de vous lasser, j'y parle de la loi NOTRé qui provoquera la fin des communes crées par la Révolution.

 

Voici quelques extraits :

 

Célébrer le 14 juillet c'est en effet d'abord célébrer un des moments les plus importants de notre histoire, ce jour de 1789 où, prenant la Bastille, le peuple se libère du joug de la monarchie et devient acteur de son destin politique.

....

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la liberté de la presse, la liberté d'association, l'instruction laïque, gratuite et obligatoire, la séparation des Églises et de l'État, la liberté syndicale, le suffrage universel... tous ces principes découlent de l'acte révolutionnaire fondateur que représente symboliquement la prise de la Bastille. Ils donnent corps au pacte républicain.

...

En ces temps qui résonnent d'intégrisme, d'intolérance, de violences, de perte de valeurs, célébrer le 14 juillet est donc l'occasion de réaffirmer notre attachement à un bien d'autant plus précieux qu'il reste rare et que nul ne peut affirmer qu'il nous est à jamais acquis.

 

L'actualité nous le démontre trop fréquemment. Nos valeurs communes, celles qui fondent notre nation, sont attaquées.

...

« Ne tombons pas dans l'inquiétude et le pessimisme ...»

 

Je vous le dis malgré tout avec enthousiasme, mais ne nous voilons pas la face. Nous vivons des temps d’incertitude, de bouleversements, de contradiction, de déliquescence.

 

Avec loi Notré le paysage administratif va changer. Les communes créées par décret du 14 décembre 1789 vivent leurs dernières années dans la plénitude de leurs compétences, de leur indépendance et de leur liberté. Ce décret avait créé les conditions d’une vie municipale démocratique qui allait largement contribuer à sa solidité institutionnelle. La nouvelle organisation du territoire de la République va vider les communes de leurs compétences, elle va spolier bien des communes d’une grande part de leurs ressources. En effet, le transfert obligatoire de la gestion des zones d’activités économiques à la codecom issue de la fusion se traduira dans un premier temps par la perte des terrains de notre zone sans aucune compensation et sans droit de regard. Et dans un deuxième temps par la perte de tout ou partie de la fiscalité associée. Et le contribuable paiera pour toutes les autres compétences transférées à l’intercommunalité. (eau, assainissement, les écoles, la piscine de Commercy, la voirie et la liste n’est pas close)

 

C’est 1789, c’est 1792 qui ont fait la France actuelle. Le pays est devenu une nation en proclamant la République et en inscrivant au fronton de ses monuments : Liberté, Égalité, Fraternité. Un Idéal trahi dans les faits ? Verrons-nous des 14 juillet avec des drapeaux en bernes pour communes mortes ?

 

Je suis peut-être excessif. Pourtant est-il normal qu’à quelque mois d’une fusion qui nous sera démocratiquement imposée, il n’y ait pas de préparation à cette échéance au 1er janvier 2017, que ce soit dans notre codecom ou avec les deux autres ?

 

Revenons dans la continuité de la symbolique du 14 juillet avec tous les rêves d'une république universelle, égalitaire et fraternelle. Je conclurai donc par une note légère, car le 14 juillet, c'est aussi un moment de fête. Et ne l'oublions pas, la fête fait partie des moments d'unité du peuple Français. Je finirai donc en citant Alphonse Allais : « Ah ces bals publics ! Oh, les tendres aveux murmurés entre gens qui ne se connaissaient pas le matin du 14 juillet ! Sois béni, car tu fais gagner joliment du temps aux amoureux. »

 

Que Vive le 14 juillet, que vive la République et que vive Pagny sur Meuse.

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 11:48

 

La préfecture appelle la population à observer une minute de silence lundi 18 juillet à midi en hommage aux victimes de l'attentat de Nice. Vous pouvez vous associer à cet appel au Monument aux Morts, chez vous, dans la rue.

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